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La Nouvelle Centrafrique

Centrafrique: Pourquoi Bozizé y va quand même ?

10 Janvier 2013 , Rédigé par La Nouvelle Centrafrique

Centrafrique: Pourquoi Bozizé y va quand même ?

Centrafrique: Pourquoi Bozizé y va quand même ?
Les raisons d'une volte-face

Par V.M

Pourtant hier encore il disait: "Je n'irai pas, je n'irai pas, je ne veux pas être l'otage de ces terroristes".

24h plus tard, il y est, contraint et forcé de redécouvrir les charmes de Libreville.
Un voyage loin d'être touristique qui ne le charme nullement.
Son voyage éclair à Brazzaville fut comme nous le disions précédemment, pour "fixer" Sassou Nguesso le Président congolais à sa cause.
Peine perdue Sassou fut net: "Je n'ai pas à préjuger, on écoutera tout le monde à Libreville, je n'ai pas à décider en avance. Nous écouterons toutes les parties, la Seleka incluse."

Fâché par cette fin de non recevoir, Bozizé n'attendra même pas son retour à Bangui pour lâcher son ire.
Il improvisa une conférence de presse à Maya Maya l'aéroport de Brazzaville. Occasion pour dire tout ce qu'il avait sur le coeur.
En résumé: "Les étrangers nous envahissent, et nos amis nous abandonnent." Pointant ainsi du doigt le Tchad et la France.

De retour à Bangui, il fait le point. La situation n'est pas tant perdue que ça. "Je les écraserai, je sais rebondir, ils ne me connaissent pas".
Et de retâter le terrain avec l'Afrique du sud pour une action d'envergure de contre-attaque contre la Séléka.
Dans sa tête, occasion idéale, et retour d'une vieille stratégie, celle dont il usa en 2003 pour botter Patassé dehors.
Utiliser l'absence des chefs de l'adversaire pour le contre-carrer.

"Pendant qu'ils seront à Libreville, j'attaquerai. C'est moi le légitime."

Mais voilà, Nosiviwe Noluthando Mapisa-Nqakula, la ministre de la défense Sud africaine ne voit pas les choses du tout comme lui, et de lui clairement préciser:
"Les 200 mercenaires sont pour votre sécurité personnelle, la colonne régulière pour sécuriser Bangui, nous vous avions demandé de cesser de créer le trouble à Bangui avec des actions illégales de gens à qui vous aviez donné pouvoir de Police, ce n'est pas bien. L'armée sud africaine va contrôler Bangui, elle n'est pas là pour faire la guerre. Vous ne nous avez mal comprise. Nous ne ferons pas la guerre contre la Séléka.
Vous étiez d'accord pour aller à Libreville négocier avec eux, vous leur proposiez même d'entrer dans un gouvernement d'union nationale; il est temps de tenir parole.
VOUS DEVEZ ALLER A LIBREVILLE, COUTE QUE COUTE"

De fait, Jakob Zuma le Président sud africain venant de reprendre la tête du parti ANC, se prépare à un nouveau mandat victorieux. Pas question pour lui d'aller ternir son image dans le bourbier centrafricain.
Contre le contrôle de toutes les mines (or, diamant etc..) de la RCA, il avait accepté d'envoyer des soldats, mais pas plus.
En outre, son assemblée nationale ne valide pas du tout son expédition aventureuse centrafricaine.

D'un autre côté, la CEEAC fut de même très claire:
"Vous faites ça, on s'en va ! Tout se règlera à Libreville et nulle part ailleurs."

Conclusion: comme le disait notre politologue Fanny Minao-Ndiaye, "Bozizé veut faire une guerre par procuration, ce serait une aventure incertaine dont il ne détient même pas les clés."

VOILA LES RAISONS CACHEES DU POURQUOI BOZIZE EST ATTENDU A LIBREVILLE

© 2013 V.M de Libreville pour La Nouvelle Centrafrique

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