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L’Afrique du Sud peine à justifier l’envoi de troupes en Centrafrique
RFI
Dans la capitale centrafricaine, le pouvoir de François Bozizé bénéficie manifestement d'un soutien sud-africain à travers le déploiement d'un contingent de deux cents soldats qui devraient être renforcés par deux cents autres. Quelle est leur mission exacte et sous quel mandat opèrent-ils ? Pour l'instant pas de réponse claire de Pretoria…
La présidence sud-africaine rappelle que l’article 201 de la Constitution du pays autorise le président à déployer des troupes afin d’honorer une « obligation internationale ». Pretoria semble avoir des difficultés à justifier cette obligation internationale.
Aujourd’hui, l'Afrique du Sud ne peut se prévaloir d'un mandat d'une organisation sous régionale ou internationale pour déployer des soldats en Centrafrique. Bangui et Pretoria n'ont pas signé d'accord qui prévoit l'envoi de troupes pour sauvegarder l'intégrité territoriale de la Centrafrique. Pretoria ne le nie pas.
Dans l'entourage du président sud-africain, on fait valoir les relations bilatérales en matière de coopération militaire formalisées dans un mémorandum signé en 2007. Une équipe de formateurs sud-africains se trouvait sur place lorsque l’alliance rebelle Seleka a débuté son offensive. « Les nouvelles troupes vont protéger notre équipe », explique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères sud-africain. Une explication qui ne convainc guère les chancelleries occidentales, agacées.
Dans les rangs de l’opposition à Bangui, on s’interroge : « Le président François Bozizé a peut-être des doutes sur le soutien des pays d'Afrique centrale » tandis que dans les rues de la capitale, on évoque l’appétit des Sud-Africains pour les concessions minières de Centrafrique.
En Afrique du Sud, les observateurs livrent plutôt l’analyse suivante : la campagne de l'Otan pour renverser le régime Kadhafi a déclenché l’ire de Pretoria et mis à mal le leadership de l'Union africaine. Or, l'Afrique du Sud a toujours prôné des solutions africaines aux problèmes africains, une vision dont ne devrait pas se démarquer la nouvelle présidente de la commission de l'UA, la Sud-Africaine, Nkosazana Dlamini Zuma.
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